"Music is the cup that holds the wine of silence. Sound is that cup, but empty. Noise is that cup, but broken.”

Robert Fripp


"Le rôle de l'artiste créateur est de créer des lois, non pas de suivre celles qui sont déjà faites"
Ferruccio Busoni

"Go, go, go! ... Go! go! ..."
John Lee Hooker

23/06/2019

IJK


ialème ou ialèmos : Chant funèbre, en usage chez les Grecs, comme le Sinos, et aussi le Moneros chez les Egyptiens. Ialème est le fils d'Apollon et de Calliope. Il donna son nom au chant funéraire dit ialémos.

ictus : accent dans la prosodie qui peut correspondre au temps fort dans la musique mesurée. Autrefois, le geste ”percussion” du conducteur vers les chanteurs, les coups utilisés pour orchestrer le battement de la mesure.

inganno : n.m. ”Cadença per inganno”, espèce de cadence qui donne une résolution différente de celle que l’oreille attend.

iouler : v. t.  Vocaliser à la manière des chanteurs Tyroliens et de quelques autres peuples montagnards, avec des coups de gosier très rapides du grave à l'aigu. (cf Yodel)



ison : n. f. Terme de musique ancienne employé seulement dans cette expression propre au plain-chant: chant en ison, psalmodie tenue en sourdine ordinairement tonique.

iulos : Chansons des moissonneurs grecs, chantés en l’honneur de Cérès.



 


Jaboterv.t.  Parler beaucoup, d’une voix peu élevée et de choses peu intéressantes.

Jambon : (argot ancien) : Violon. Au XVIIe siècle, la contre-basse du hautbois était appelée cervelas et au moyen âge, on se servait d'un violon à trois cordes, la gigue (de giga, jambe, cuisse), ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec un gigot.

Jouailler : (argot musical)  Jouer négligemment ou médiocrement d'un instrument.

Jug band (ou Juke band) :  nom donné à de petits orchestres américains de jazz à la fin du 19ème siècle, ”Jug” (pichet) faisant référence à une contrebasse bricolée avec un pot de terre cuite. Ces orchestres utilisaient des instruments traditionnels et des instruments bricolés comme le washtub bass, le ”washboard”, des cuillerées servant de percussions, des peignes recouverts de papier de soie, des kazoos. La musique informelle et énergique de ces orchestres visait à faire danser le public et a ainsi contribué au développement du rock'n'roll.

http://www.jugstore.com/memphisjb.html 
Memphis Jug Band  - circa 1925


Jugulibrancheadj.  Dont les ouïes (pour les poissons) s’ouvrent sous la gorge.





K : Abréviation de ”L. von Köchel” qui accompagne le numérotation des oeuvres de Mozart.

Kanoun aussi Kanun, Qanun, Kalong :  Instrument arabe à cordes, de la famille des cithares sur table, ayant une forme triangulaire, qui se pince avec les doigts. 



Karabo : Petit tambour des Egyptiens et des Abyssins.

Kazoo aussi Gazou : Instrument qui modifie la voix. Proche du mirliton, il est constitué d'un tube fermé par une membrane. En chantonnant, le musicien fait vibrer la membrane qui transforme le  timbre de la voix en sons nasillards.
Keou-Kin :  Espèce de guimbarde chinoise que l'on nommait anciennement trompe de Béarn. 

Kyrién.m.  liturgie  Partie de la messe qui renferme une triple invocation à Dieu répétée 3 fois. Musique composée sur les paroles du Kyrié.


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lexique (en cours) de mots rares, anciens, parfois inusités ou méconnus, 
tous relatifs au monde du sonore et du musical : A B C D E F G H

sources : CNRTL /  ”Orchésographie” de Toinot Arbeau (1589) / ”Dictionnaire de musique” - 1768 - Jean-Jacques Rousseau / ”Sommets de la musique” par C.HÖWELER - 1958 - éditions Daphné, Gand, Belgique / ”La gazette musicale” / Petit dictionnaire des mots rares et anciens / Dictionnaire historique de l’ancien françois par Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye / ”Pour tout l’or des mots” de Claude Gagnière - Bouquins/Robert Laffont - 1997 / Dictionnaire des mots rares et anciens de la langue française / Dictionnaire de musique, Léon et Marie Escudier (1872) / Emile Gouget ”Metronimo” argot musical  (1892) /


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20/06/2019

Cassis

Cassis is a little town, down south of France on the eastside of Marseille, 
along the "Mer Méditerrannée" on the begining of what is called "French Riviera".



Jerome Hill (1905 – 1972) was an American filmmaker and artist.


Beginning in the 1930s, Jerome Hill made his main residence in Cassis, a scenic port town on the Mediterranean Sea, in front of the dramatic cliffs of Cap Canaille. Cassis became the heart of his creative life, the inspiration for many of his paintings, a backdrop for his films, and the center of his social and artistic life.

In Cassis, Jerome Hill began experimenting with film and motion picture cameras. 
Filmmaking soon became 
his main artistic activity, in addition to painting and music composition.

Film Portrait (1972), his masterwork and cinematic memoir, is a diary film in which he presents his life and milieu through old home movies and newly-staged scenes, many hand-colored and animated.


and "Cassis" is a 1950' movie as an autobiographic sketch



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15/06/2019

Les particules


"Les Particules" est le premier long métrage de fiction du jeune cinéaste suisse Blaise Harrison

A ne pas manquer, ce film est programmé ces jours-ci sur les écrans français,
et notamment à Marseille (La Baleine) et Paris.
bande-annonce
Sélectionné à la "Quinzaine des réalisateurs" du Festival de Cannes, 
il raconte l'histoire de jeunes qui vivent au quotidien un univers gris et ennuyeux pour leur dernière année de lycée. 
A 100 mètres sous leurs pieds, le LHC, l’accélérateur de particules le plus puissant du monde, provoque des collisions de protons pour recréer les conditions d’énergie du big bang, et détecter des particules inconnues à ce jour. L’hiver s’installe et le personnage principal P.A. voit le monde changer autour de lui et commence à observer des phénomènes étranges, des modifications dans l’environnement, de façon imperceptible d’abord, puis c’est tout son monde qui semble basculer...

"P.A. possède une sorte de super-pouvoir, une acuité que les autres n’ont pas, une hypersensibilité aux choses, aux éléments de la nature et à l’invisible. Le monde est une énigme totale et des chercheurs très sérieux envisagent les choses les plus folles. Quand on est adolescent un peu sensible, tout cela provoque un grand vertige..."
Blaise Harrison 

+-+-+ 
Aux confins d'un réel très réel et d'une rêverie légitime et vitale, ce film possède un charme réel dû à sa réalisation tout en délicatesse et retenue, en minimalisme maitrisé,
avec un excellent montage elliptique et aussi un très beau travail de la bande-son accompagnée des musiques de l'artiste belge Èlg, aka Laurent Gérard, Kaumwald
et aussi membre du groupe "Orgue Agnés".

A écouter, donc, les musiques et  extraits de la bande-son qui sont publiés par three:four records.


Les dessous d'une scène du film révélés par le réalisateur: ICI
à voir après avoir vu le film, bien entendu.


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07/06/2019

In Search of Lost Beauty


pic by Romas Jurgaitis

Žibuoklė Martinaitytė is a New York-based Lithuanian composer whose works explore the tensions and longings of identity and place. In her chamber and orchestral compositions, she creates sonic environments where musical gestures emerge and disappear within transparencies and densities of sound layers. It’s music that slides on the very blades of emotions.

"Ideas for my compositions often emerge from non-musical sources. A sentence in a book, a line of poetry, or watching forces of nature unfold can trigger the imagination. .. Once I commit to an idea, a different type of work begins. The creative process is usually quite slow despite moments or even hours of burning inspiration. What takes time is not the composing itself, but dealing with inner and outer disturbances evoked by the creative process. When one enters that territory of the unknown, there are dark forces one has to conquer."
Žibuoklė Martinaitytė from an interview by Allen Shearer for Composersinc


In March 2019, Starkland records announced her  “In Search of Lost Beauty” CD's release, performed by the prize-winning Lithuanian piano trio FortVio. This amazing work is composed for piano, violin, cello, electronic soundtrack, and synchronized video projections.


 

A review for this new release, a hauting and deep composition,  at "a closer listen"

“While Martinaitytė is a master of the subtle and the delicate, her compositions equally demonstrate her capacity for the bold, with passages of grandeur and turbulence.”
Christopher Nosnibor for Aural Gravitation


and the amazing "Horizons" for symphony orchestra (2013)



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02/06/2019

Mumbai



Old film of Bombay/Mumbai, India street life taken from January 11-14, 1929.
These films were taken with early Movietone sound cameras




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29/05/2019

à qui avec Gabriel


A gorgeous new piece of the japanese artist à qui avec Gabriel
who left her accordion Gabriel on the side
to let's space to her melancholic and whispering voice.

 
The Kawaii animals of Japanese picture scroll "Chōjū-giga " are as well amazing!




Some details about her past' collaborations
with Michel Henritzi
and
with Kawabata Makoto


and don't miss this other jewel with "Onna No Blues"

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25/05/2019

Circles (9) : Trimpin


altered version of of the two other monotypes below





thanks to Thierry Azam for pictures


These two monotypes issued from perforated discs for mecanical music instrument,
are they reserve for piano or organ? or organette? or home music box?

BUT! the main question is:
As Tim Wilson or Arthur B. Lintgen does with vinyl discs' grooves,
who is able to identify the 2 musics above which are supposed to be played?

The winner will have our eternal admiration.


https://gtjournal.tadl.org/2014/music-house-museum-history-and-craftsmanship-always-on-display/
A 1904 Lochmann Original 450 disc piano. 
The perforated disc pictured here, along with other mechanisms, plays the piano strings seen behind the disc.

https://www.guidigo.com/Web/Museum-of-Sound-Discovery/Qt9JJm-t9h0/Stop/17/Mechanical-Musical-Instruments-Continued#images
perforated cardboard for “Ariston” hand organ 

"...The invention of disk music boxes made it affordable for many people to enjoy a variety of songs played on a music box at home. These discs were large and measured approximately 15 1/2″ in diameter. The disc pictured here was manufactured in 1889. The musical notes on the disc are represented by raised projections on a metal disk. Although still in limited production today (mostly for antique collectors and specialty applications), in general the production of these discs ceased around 1920..."
in  "History of audio formats"



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a Trimpin monotype


Trimpin, born in 1951, is a German sound artist currently living in Seattle (USA).

“An ongoing exploration of the concepts of sound, vision, and movement.”  - Trimpin

For 40 years, his work integrates sculpture and sound across a variety of media including fixed installation and live music, theater, and dance performance.
Combining ancient methods with scientific principles and XXIth century's technology,
he experiments, combining music, sounds and mechanics  that introduce the senses of perception to a totally new experience.

https://en.wikipedia.org/wiki/Trimpin
 
Trimpin build numerous strange instruments as a gamelan whose iron bells are suspended in air by electronic magnets, a microtonal xylophone and machines to play every instrument of the orchestra via MIDI commands.


He is largely credited for preserving Conlon Nancarrow's perforated piano-roll scores.








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20/05/2019

H. comme


Hâbler : v. t.  Parler avec vanterie, avec exagération.

Harmoniphon : n.m. L’harmoniphon, ancêtre du Melodica, a été inventé en 1837, par M. Paris, de Dijon. C'est un instrument à vent et à clavier, de quinze pouces de longueur sur cinq de large et trois de hauteur, dont les sons ressemblent à ceux du hautbois. Il se joue avec la bouche, au moyen d'un tube élastique qui sert à y introduire l’air, en même temps que les doigts agissent sur le clavier.


Harmoniscribe :  Instrument imaginaire dont le simple levier transforme une machine à écrire en harmonium, permettant ainsi aux dactylos mélomanes de se détendre après leur travail.
in “Catalogue d’objets introuvables” de Carelman, paru chez Balland en 1976



Hausse n.f. Petit morceau de bois qui porte la visse de rappel de l’archet du violon et du violoncelle.

Haute-taille n.f.   Ancien terme de musique qui se disait par opposition à basse-taille.

Heptaèdre : n.m. Nom donné à une espèce de lyre des Grecs anciens, qui était monté de 7 cordes.

Hertzn.m.  Unité de mesure acoustique mesurant le nombre de cycles par seconde: pour chanter un la à 440Hz, les cordes vocales doivent s’ouvrir et se fermer 440 fois par seconde. cf le physicien allemand Heinrich Rudolf Hertz.


Hira-Daiko [japonais] : famille de tambours à fût court et à peaux clouées. Il sont en général de petite dimension mais certains peuvent être surdimensionnés. Daïko ou Taïko désigne les différentes sortes de tambours au Japon.

https://www.musicologie.org/sites/d/daiko.html


Hognerv.t.  Terme peu usité signifiant gronder, murmurer entre ses dents.

Hôlementn.m.  Cri de la hulotte et autres oiseaux nocturnes.

Homéotéleute : n.m. Fait d’homophonie finale entre deux mots qui figurent dans une même phrase ou un même membre de phrase, le plus souvent pour produire un effet euphonique ou d’harmonie imitative.  ”Le lourd roulement des tambours”  Victor Hugo

Homilétique :   n.f. religion  Théorie de l’éloquence de la chaire.

Homonophicon : n.m. Appareil pour accorder les anches métalliques, imaginé par Schneider en 1845.

Homophonie :   n.f.  Caractère d’une musique ou d’un chant collectif où les exécutants jouent ou chantent à l’unisson.

Homorythmie : n.f.  Procédé polyphonique dans lequel toutes les parties jouent ou chantent sur le même rythme.

Hourvari : n.m. Vacarme, grand bruit.

Hucher v.t.  Appeler en criant ou en sifflant, en termes de chasse.

Huchet : n.m.  Cornet pour avertir de loin. Souvent utilisé pour la chasse.


Hyménée n.f.  Chanson nuptiale des Grecs.

Hymeos n.f.  Chanson des meuniers dans la Grèce antique.


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lexique (en cours) de mots rares, anciens, parfois inusités, 
tous relatifs au monde du sonore et du musical : A B C D E F G

sources : CNRTL /  ”Orchésographie” de Toinot Arbeau (1589) / ”Dictionnaire de musique” - 1768 - Jean-Jacques Rousseau / ”Sommets de la musique” par C.HÖWELER - 1958 - éditions Daphné, Gand, Belgique / ”La gazette musicale” / Petit dictionnaire des mots rares et anciens / Dictionnaire historique de l’ancien françois par Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye / ”Pour tout l’or des mots” de Claude Gagnière - Bouquins/Robert Laffont - 1997 / Dictionnaire des mots rares et anciens de la langue française / Dictionnaire de musique, Léon et Marie Escudier (1872) / Emile Gouget ”Metronimo” argot musical  (1892) /

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16/05/2019

The tiger's mind


The Tiger’s Mind
A Cornelius Cardew's verbal notation score (1967)
with Nina Canal (USA), Nadia Lichtig (FR),
Michael Morley (NZ) & Sara Stephenson (NZ)

Sunday 7th june 2009 at CAC Brétigny sur Orge
curated by Dean Inkster, Jean-Jacques Palix, Lore Gablier & Pierre Bal-Blanc.

... a tribute to this "10 years ago" exhibition
which was shown in Bretigny sur Orge, Künstlerhauss Stuttgart and Culturgest Porto.



Nina Canal

Michael Morley & Sara Stephenson

Nadia Lichtig

 
all pictures by Steeve Beckouet 




"The tiger's mind" score : english version - french version



***
On the same day in the same event,
other Cornelius Cardew' scores
played by Rhys Chatham

and 

played by Marcus Schmickler, Michel Guillet, Samon Takahashi and Jean-Jacques Palix



original Treatise score's page 67


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11/05/2019

Visions of Europe

Just let's discuss about Europe
with this great sequence directed by the movie maker Béla Tarr
excerpt from "Visions of Europe" - a 2004's project

listening to the "ritournelle" of Mihàly Vig

"... En un sens général, on appelle ritournelle tout ensemble de matières d'expression qui trace un territoire, et qui se développe en motifs territoriaux, en paysages territoriaux (il y a des ritournelles motrices, gestuelles, optiques, etc.)..."
Gilles Deleuze et Félix Guattari, Capitalisme et schizophrénie, tome 2 : Mille plateaux, Ed. deMinuit, 1980


The idea of this collective movie is simple: 25 countries, 25 visions from respected film directors from each of the respective 25 countries (in 2004) that form the new European Community - (28 countries now).
Each director just gave a personal vision of current or future life in this coming cultural melting pot.



07/05/2019

Wi Watt'Heure & Meira Asher




WI WATT’HEURE
L’écoute comme "fabrique de la citoyenneté" avec Radio Papesse et Süden Radio
est un projet conçu et réalisé  par Carole Rieussec et Elena Biserna 
soutenu par la revue trimestrielle "Revue et corrigée"
Cette rubrique interroge la sphère sociale et politique à travers le regard des femmes. 
Il y est question de comment sonne le Sud, de savoir si l'écoute peut être un outil de déconstruction des narrations dominantes autour de cette notion? Ou encore un outil pour perturber les constructions binaires des identités géopolitiques?

"wi watt’heure #27" vous propose une conversation 
autour des pièces de Youmna Saba, Daniel Bargach Mitre, Jasmina Metwaly et Meira Asher 
 

›››




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Meira Asher is a sound art activist whose work explore social documentary, radio art, and the expression/transition of traditional rhythms in/to contemporary music. She is firmly devoted to the present day to Palestinian and Israeli conflict.

  
"North Jordan Valley 2018" is a well-orchestrated piece where the sonic layering manages to reflect 
the geopolitical reality of the region 
and a masterly stereophony is an effective sonic transcription of the Israel and Palestine binomy.
Despite the repeated murmurings of a judicial ruling that makes the space uninhabitable, 
Asher resist this dynamic by making use of the porous nature of the spoken word. 
The repeated evacuation order in English collapses into meaninglessness through repetition and sonic confusion, while other languages find a way to inhabit a space of extra-linguistic power. 





Other Meira Asher' works has been released on CrammedSub Rosa and Auditorium.

One of her last issue is a version of the famous Antonin Artaud's 1947 radiowork
"Pour en finir avec le jugement de Dieu" adapted in Hebrew langage.

LP version on Bandcamp 


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02/05/2019

Moog modular synthesizer in India


An interesting article of Alexander Keefe about David Tudor 
bringing the first Moog modular synthesizer in India in 1969
on "East of Borneo" website

https://eastofborneo.org/articles/subcontinental-synth-david-tudor-and-the-first-moog-in-india/


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01/05/2019

Cage & Tudor



John Cage & David Tudor in 1972

This is an interview with John Cage & David Tudor, conducted in French and English.

This particular interview was purportedly recorded on May 29, 1972, a time at which both John Cage and David Tudor were on a European tour featuring performances in London, Bremen, Paris and other European cities. Cage talks about the influence that Henry David Thoreau, Marcel Duchamp, and others have had on his own artistic output. Works discussed include Cage’s “Mureau” and David Tudor’s “Rainforest,” which were performed simultaneously during their 1972 European concerts. Another pairing of the two composer’s works, Cage’s “62 Mesostics Re Merce Cunningham,” and Tudor’s “Untitled” is also discussed. Towards the end of the program David Tudor talks about his decision to play the piano less, and instead focus on his own electronic music.


Part 1 


Cage & Tudor 1954 - pic courtesy of the New York Public Library

&  part 2   on archiv.org


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26/04/2019

Affabuloscope

Le réconciliateur


L'Affabuloscope est un musée situé au Mas d'Azil, en Ariège.
Il est entièrement dédié à l'artiste français méconnu Claudius de Cap Blanc
D'une grande méticulosité et rigueur, son travail, aux frontières de l'art brut y est montré.
Créateur d'inventeurs inventés et de stratagèmes des médias,
inventeur de machines, que l'on peut qualifier de "célibataires" ou (et) surréalistes,
découvreur de paysages,  Claudius de Cap Blanc est un artiste riche d'imaginaires
et d'audace qui le mène quelque temps en prison  
pour avoir exprimé son art à des endroits inappropriés!
*** 



L’affabulisme est un concept de création partant du constat que l’Histoire est lacunaire, 
pleine de ce qui a été et vide de ce qui a oublié d’être.



Ce musée ouvre ses portes du 1er Mai 2019 à Septembre/Octobre.
à ne pas manquer si vous êtes en Ariège...



"Affabuliste à l’Affabuloscope, né à l’Acheuléen (1,3 million d’années) sait d’où il vient, 
ne sait pas où il va, mais y va en brûlant de la gomme à chaque pas."
***

Un imaginaire sans bornes.


Au commencement il n’y avait que des possibles qui flottaient dans le vide. 
Pour que les possibles deviennent possible, il fallait un prétexte de départ. Ce prétexte, c’est la matière.




Claudius de Cap Blanc, depuis qu’il a cédé son oeuvre et son lieu, continue de travailler sur son sujet de prédilection, celui qu’il a peut-être le plus développé : la Vulve.


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19/04/2019

L'oxymoron d'Arcueil


Un excellent dossier autour de la figure d'Erik Satie
réalisé par Joséphine Ducat dans le cadre de ses études aux Beaux-Arts de Paris.


"Tout corps plongé dans un fluide éprouve une poussée verticale, dirigée de bas en haut, égale au poids du fluide qu’il déplace et appliquée au centre de gravité du fluide déplacé, ou centre de poussée. » L’exposé physique de la poussée d’Archimède appliqué à Erik Satie donnerait : le compositeur dissimule par des artifices multiples sa pensée de fond, mais par une poussée exactement inverse et de même intensité, l’esprit réapparaît de lui seul et par sa propre force à la surface...
Nous dresserons un portrait du compositeur par le minuscule et l’insignifiant, qui, en creux (comme il se doit avec Satie), permettra d’aborder la poésie et la beauté simple qui habite sa pensée. Nous avons constitué un ensemble de petits chapitres, comme autant d’articles sur un élément particulier qui noue superficialité et profondeur, dans l’idée de dresser un portrait, à sa manière cubiste, d’Erik Satie."
Joséphine Ducat - en préambule à son travail



Les différents chapitres exposés:
- Visite à Arcueil, (de l’aura d’Erik Satie en tant que vivant & défunt)
- Un cas d'école (comment cet original s’est tenu bien loin de tout académisme, en commençant par celui de son époque, le wagnérisme)
- Maître de chapelle (sur l’esprit communiste du compositeur)
- Le bon fauteuil (à propos de la candidature de Satie pour occuper un fauteuil à l'Académie des Beaux-Arts et de l’usage d’un certain mobilier musical)
- Le château de fonte  (des diverses lubies de Satie et son obsession à dessiner des châteaux)
- La phonométrie* (où il est montré que Satie fait preuve volontairement de simplicité dans son travail de composition)
- Nudités  (de la stratégie de camouflage de Satie aux antipodes de ses recherches musicales. Satie revendique comme « Maître », M. de La Palice, et ainsi œuvre-t-il à travers ses compositions et ses pensées)
- Le placard  (des costumes de Satie et de son esprit des panoplies)
- Instantanéité (où il est dit que Satie s'emploie à créer une oeuvre qui altère les conditions d'écoute et de représentation)...

* "La phonométrie est “amnésique” de la pensée musicale et de la pensée tout court." Jean Pierre Armengaud
 


extraits du chapitre "Le bon fauteuil" 
...
Satie écrit en effet une série de compositions dite « Musiques d’Ameublement » : Chez le bistrot et Un Salon (en 1920), Tapisserie de fer forgé, Teinture de cabinet préfectoral et Carrelage phonique (en 1923). Ces compositions sont toutes bâties sur le même patron : une phrase musicale répétée en boucle qui ne connaît ni prélude, ni apogée dramatique, ni même dénouement (heureux ou tragique). En 1891, Satie compose déjà un leitmotiv pianistique pour accompagner la lecture du roman Le Panthée du Sâr Péladan. Socrate s’inscrit dans cette continuité : c’est une musique au service d’un texte. « Pour Mercure, [Satie] suggéra au célèbre créateur [Massine] de mettre au point la chorégraphie sans support musical ! Il imagina qu’il pourrait écrire la musique après coup, en s’inspirant des mouvements des danseurs.»
 
La « Musique d’Ameublement » crée une atmosphère. Elle suppose une activité contiguë à celle de l’orchestre, rythmant cette boucle installée dans un effet d’éternité. Le drame se déroule donc du côté du vrai, de la vie...

La musique devient un meuble et, loin d’être une oeuvre, elle est soumise aux lois du marché avant tout. Erik Satie peut donc faire commerce de sa composition : la « Musique d’Ameublement» fait partie du genre mobilier. Cette manière de composer renvoie la concentration du public sur lui-même. Satie veut capturer et observer ses spectateurs à travers la musique. Comme un miroir en médaillon, le bouffon d’Arcueil affiche un autoportrait à la hauteur de ce que les spectateurs veulent bien être. Une version tonale du 4’33’’ de John Cage, la partition n’est qu’un « fond sonore à des bruits suggestifs »...

La présentation au public des « Musiques d’Ameublement » – le test – se déroule à la galerie Barbazangues, le 8 mars 1920, à l’occasion de la création de Ruffian toujours, truand jamais de Max Jacob. Pierre Bertin – autrement connu pour avoir interprété le Président Adolphe Amédée Delafoy dans les Tontons Flingueurs (1963) de Georges Lautner – présente ici l’événement :
« Nous vous présentons pour la première fois, par les soins de MM. Erik Satie et Darius Milhaud, et sous la direction de M. Delgrange, la musique d’ameublement, pendant les entractes de la pièce. Nous vous prions instamment de ne pas y attacher d’importance et d’agir pendant l’entracte comme si elle n’existait pas. Cette musique […] prétend contribuer à la vie, au même titre qu’une conversation particulière, qu’un tableau de la galerie, ou que le siège sur lequel on est, ou non assis. Vous en ferez l’essai. MM. Erik Satie et Darius Milhaud se tiennent à votre disposition pour tous renseignements et commandes. »
 
Le baptême de la Musique d’Ameublement est un échec. Toute l’assemblée s’est tenue assise, attentive et docile devant l’interprétation cyclique de l’orchestre. Satie avait beau gesticuler et donner de
la voix pour déconcentrer son public, la mayonnaise n’a pas pris. C’est la seule Musique d’Ameublement jouée du vivant du compositeur.
...

Erik Satie - portrait par Marcellin Desboutin - 1893

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A télécharger le document complet en pdf  (31 pages)


Lizica Codreanu (1901 – 1993) 
photographiée dans l’atelier de Constantin Brancusi.
La danseuse porte le costume dessiné par Brancusi 

pour les Gymnopédies, 1922.

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2 pièces méconnues pour piano:
"Caresse" et "Je te veux"





 

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