" – Peu importe d’où l’on vient. Il n’y a pas de tonique. Le thème et son développement ne sont qu’un mirage…
Il y a une musique toujours inattendue.
– Et les dissonances ?
– Dieu les a créées, elles aussi…"
Jaume Cabré - "Voyage d'hiver" - 2014

”La terre, il se pourrait bien après tout que ce soit une espèce
de merveilleux petit appareil enregistreur, plaçé là par on ne sait qui,
pour capter tous les bruits qui circulent mystérieusement dans l’Univers.”
Pierre Reverdy - ”En vrac” - 1929

”J’entends tous les bruits de la terre grâce à mes oreilles et mes nerfs de cristal
dans lesquels circulent le feu du ciel et celui des volcans.”
Michel Leiris - ”Le point cardinal” - 1927

"L'écoute, c'est l'ombre de la composition"
Pascal Dusapin - 2008

 

22/06/2026

Chroniques Turinoises

 

"Chroniques turinoises" was originally composed in 2005 by the duo Pace for the eponymous exhibition in Torino by the "Purple Journal".

Torino’ fieldworks by Palix
Guitar by Cédrick Eymenier
Mix by Palix & Ced in Paris 2006 

Produced by Coriolis Sounds

  

 

extraits du journal sonore de Palix à Turin en novembre 2005

1er novembre 10 h : Cimitero Monumentale : dépôt de gerbes de la "Croce Verde"; où la poser? comment enjamber les gerbes déjà présentes? Applaudissements quand la gerbe finit par être dans la bonne orientation, dissipation du groupe qui songe plus au repas qui va suivre qu'à la ferveur environnante de ce jour des morts.

3 novembre 15 h : autour du Lingotto, incessant ballet d'hélicoptère transportant de grandes pièces métalliques d'un chantier à l'autre tout proche, par hélitreuillage... les premières images du film  "la Dolce Vita" de Fellini ressurgissent, manquent seulement la statue du Christ et les enfants qui crient et courent dans la rue... les effets de constantes variations du phasing naturel et du vrombissement de l'hélicoptère sont uniques.

4 novembre 16 h : café Baratti & Milano , dans la Galleria dell'industria Subalpina : ambiance feutrée, discussions diverses aux tables avoisinantes, incessants sons de tasses et cuillères derrière le bar : délicieux café Bicerin, mais quelle quantité de tasses à laver!

5 novembre 9 h : au marché "Porta Palazzo" la halle carrelée des poissonniers crieurs qui haranguent le client en rivalisant avec leurs concurrents.

7 novembre midi : en avant première le son des métros "VAL" qui testent leur allure, freinage, calage pour l'ouverture des portes, à la future station "Massaua" pas encore terminée ... Les plots rouge et noir destinés à canaliser la circulation automobile pendant les travaux de cette ligne de métro sont tous siglés "MC5", comme le célèbre groupe pré-punk de Detroit, autre capitale automobile mondiale. Ironie de cette situation pour Turin, siège de FIAT : motor city is burning?
ref : "Kick Out The Jams" - MC5 - (Elektra/LP - 1969)

9 novembre 23 h : toujours les mêmes grincements du tramway N° 13 qui tourne autour de "Gran Madre de Dio".

11 novembre 4 h : installations des remorques foraines, tractées par de petits moteurs deux-temps, sur le marché "Porta Palazzo" : ballet mécanique régulier dans le froid et l'humidité de la nuit pas encore terminée, elles sont placées une à une sur leur bon emplacement numéroté par des hommes encore dans les brumes du sommeil.

text by Palix - texte intégral 

 

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09/06/2026

RIP James Blood Ulmer



Guitariste américain aux sonorités innovantes, chanteur à la voix gutturale et chargée de feeling, James Blood Ulmer (1940-2026)  restera imprégné de ses collaborations avec Ornette Coleman dans les années 70s, avec qui il adhère aux théories ”harmolodique”. Il restera dans mon Panthéon de guitaristes électriques au même titre que Hendrix, Sonny Sharrock et quelques autres.

Il commence sa carrière dans les années 70 avec Art Blakey et les ”Jazz Messengers” avant de partager expériences avec Ornette Coleman,  puis dans les années 80 de monter son propre orchestre, un ensemble  à géométrie variable,”The Music Revelation Ensemble” avec le batteur Ronald Shanon Jackson et David Murray.
En concert le rejoignent fréquemment le batteur Grant Calvin Weston, le guitariste et producteur Vernon Reid, le saxophoniste Georges Adams, et partageant parfois la scène et (ou) la production, Jamaladeen Tacuma, Adrian Sherwood, Bill Laswell et bien d’autres.

Ici, au "Festival des Banlieues Bleues", filmé par notre regretté ami Claude Santiago pour La Huit, accompagné entre autres par Vernon Reid,


 

J'aime particulièrement cette version du blues "Spoonfull" de Willie Dixon et Howllin Wolf et cela me rappelle le ”Spoonfull Club”  qui était le nom de la cave familiale que nous utilisions, mes amis et moi, pour exercer du DJing avant l’heure, construire nos propres amplis et système de sono, et où nous menions de conviviales ”parties” d’adolescents pour danser et écouter la musique dans de relatives bonnes conditions, en tous cas mieux que sur nos électrophones!

BONUS
Interview de James Blood en1998 par Jason Gross sur Perfect Sound Forever

 

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08/06/2026

Prague 1930


 
"Bezucelna Prochazka" (means "Aimless Walk") is a 1930's experimental movie by the Czech filmmaker Alexandr Hackenschmied (1907-2004), known later as Alexander Hammid. As a non narrative trip across urban landscapes of the Liben peninsula in Pragua, the film is linked with the historical avant-garde in Czechoslovakia in the 30s, with a unknown piano score. 
 

 
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01/06/2026

New works with strings


“Songs of Erosion” is a project by Clara Levy (violin) & Victor Guaita Igual (viola) revisiting the 13th-century Spanish songbook “Cantigas de Santa María” through the lens of erosion. Rejecting a historicist interpretation, Clara Levy and Victor Guaita Igual develop a set of instructions inspired by geological processes. These serve as a basis for approaching pitch and rhythmic material, shaping it into new compositions. 

More about these pieces published by the amazing label Discreet Music 

Composed and performed by Clara Levy (violin) and Victor Guaita Igual (viola). Recorded by Clara de Asís at Fundación Cerezales Antonino y Cinia, León, Spain. The music is shaped by the acoustics of its spaces.  
The 
digital bonus track "La Quebrantada" is performed by Clara Levy, Victor Guaita Igual and Clara de Asis (synthesizer). 

 

“Songs of Erosion” est un projet de Clara Levy (violon) et Victor Guaita Igual (alto) qui revisite le recueil de chants espagnols du XIIIe siècle "Cantigas de Santa María" à travers le prisme de l’érosion. Rejetant une interprétation historiciste, Clara Levy et Victor Guaita Igual élaborent un ensemble d’instructions inspirées des processus géologiques. Celles-ci servent de base à leur approche des hauteurs et des rythmes, qu’ils transforment en de nouvelles compositions. 

 Plus d’informations sur ces pièces publiées par l’excellent label  Discreet Music mené par Clara de Asis. Ces piéces sont composées et interprétées par Clara Levy et Victor Guaita Igual et enregistrées par Clara de Asís à la Fundación Cerezales Antonino y Cinia, à León, en Espagne. ces musiques influencées par l’acoustique des lieux. Le titre bonus numérique "La Quebrantada" est interprété par Clara Levy, Victor Guaita Igual et Clara de Asís (synthétiseur).
 
 

 

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On "Vil’na" (means: free), Natalia Tsupryk assembles a stark, deeply personal cycle of pieces that blur chamber minimalism and folk memory into a quietly devastating portrait of wartime Ukraine. "Vil’na" unfolds like a sequence of elegies attentive to the textures of place and loss.  

“Anti-Drone Nets” frames the album’s atmosphere with slow, tensile string layers, its title referencing the makeshift mesh canopies now stretching across the streets of frontline cities. Elsewhere, the composer turns fragments of lived reality into strange beauty.  At the centre sits “posiy maty zhyto”, a traditional wedding song from Mykolaiv region reimagined here as a meditative folk lament... "Vil’na" maintains an elegiac tone: an ode to lost friends and interrupted lives without slipping into sentimentality...This work is an incomplete elegy whose pain runs even deeper because the end is still unwritten.  

This text was written by Gianmarco in a recent edition of Ukrainian Field Notes.

Sur "Vil’na" (qui signifie libre), Natalia Tsupryk compose un cycle de pièces dépouillées et profondément personnelles, mêlant minimalisme de chambre et mémoire populaire pour dresser un portrait d'une beauté silencieuse et bouleversante de l'Ukraine en guerre. "Vil’na"  se déploie comme une suite d'élégies attentives aux textures du lieu et à la douleur de la perte. "Anti-Drone Nets" imprègne l'album de lentes et tendues nappes de cordes, son titre faisant référence aux filets de fortune qui s'étendent désormais dans les rues des villes en première ligne. Ailleurs, la compositrice transforme des fragments de réalité vécue en une étrange beauté. Au centre trône "posiy maty zhyto", un chant de mariage traditionnel de la région de Mykolaïv, réinventé ici en une complainte folklorique méditative… "Vil’na" conserve une tonalité élégiaque : une ode aux amis disparus et aux vies interrompues, sans jamais tomber dans le sentimentalisme, une élégie inachevée, dont la douleur est d'autant plus vive que la fin reste à écrire. 

more informations on the blog  "A closer listen"  

 

 

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