”La terre, il se pourrait bien après tout que ce soit une espèce
de merveilleux petit appareil enregistreur, plaçé là par on ne sait qui,
pour capter tous les bruits qui circulent mystérieusement dans l’Univers.”
Pierre Reverdy - ”En vrac” - 1929

"Le rôle de l'artiste créateur est de créer des lois, non pas de suivre celles qui sont déjà faites"
Ferruccio Busoni

"Go, go, go! ... Go! go! ..."
John Lee Hooker

26/04/2019

Affabuloscope

Le réconciliateur


L'Affabuloscope est un musée situé au Mas d'Azil, en Ariège.
Il est entièrement dédié à l'artiste français méconnu Claudius de Cap Blanc
D'une grande méticulosité et rigueur, son travail, aux frontières de l'art brut y est montré.
Créateur d'inventeurs inventés et de stratagèmes des médias,
inventeur de machines, que l'on peut qualifier de "célibataires" ou (et) surréalistes,
découvreur de paysages,  Claudius de Cap Blanc est un artiste riche d'imaginaires
et d'audace qui le mène quelque temps en prison  
pour avoir exprimé son art à des endroits inappropriés!
*** 



L’affabulisme est un concept de création partant du constat que l’Histoire est lacunaire, 
pleine de ce qui a été et vide de ce qui a oublié d’être.



Ce musée ouvre ses portes du 1er Mai 2019 à Septembre/Octobre.
à ne pas manquer si vous êtes en Ariège...



"Affabuliste à l’Affabuloscope, né à l’Acheuléen (1,3 million d’années) sait d’où il vient, 
ne sait pas où il va, mais y va en brûlant de la gomme à chaque pas."
***

Un imaginaire sans bornes.


Au commencement il n’y avait que des possibles qui flottaient dans le vide. 
Pour que les possibles deviennent possible, il fallait un prétexte de départ. Ce prétexte, c’est la matière.




Claudius de Cap Blanc, depuis qu’il a cédé son oeuvre et son lieu, continue de travailler sur son sujet de prédilection, celui qu’il a peut-être le plus développé : la Vulve.


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19/04/2019

L'oxymoron d'Arcueil


Un excellent dossier autour de la figure d'Erik Satie
réalisé par Joséphine Ducat dans le cadre de ses études aux Beaux-Arts de Paris.


"Tout corps plongé dans un fluide éprouve une poussée verticale, dirigée de bas en haut, égale au poids du fluide qu’il déplace et appliquée au centre de gravité du fluide déplacé, ou centre de poussée. » L’exposé physique de la poussée d’Archimède appliqué à Erik Satie donnerait : le compositeur dissimule par des artifices multiples sa pensée de fond, mais par une poussée exactement inverse et de même intensité, l’esprit réapparaît de lui seul et par sa propre force à la surface...
Nous dresserons un portrait du compositeur par le minuscule et l’insignifiant, qui, en creux (comme il se doit avec Satie), permettra d’aborder la poésie et la beauté simple qui habite sa pensée. Nous avons constitué un ensemble de petits chapitres, comme autant d’articles sur un élément particulier qui noue superficialité et profondeur, dans l’idée de dresser un portrait, à sa manière cubiste, d’Erik Satie."
Joséphine Ducat - en préambule à son travail



Les différents chapitres exposés:
- Visite à Arcueil, (de l’aura d’Erik Satie en tant que vivant & défunt)
- Un cas d'école (comment cet original s’est tenu bien loin de tout académisme, en commençant par celui de son époque, le wagnérisme)
- Maître de chapelle (sur l’esprit communiste du compositeur)
- Le bon fauteuil (à propos de la candidature de Satie pour occuper un fauteuil à l'Académie des Beaux-Arts et de l’usage d’un certain mobilier musical)
- Le château de fonte  (des diverses lubies de Satie et son obsession à dessiner des châteaux)
- La phonométrie* (où il est montré que Satie fait preuve volontairement de simplicité dans son travail de composition)
- Nudités  (de la stratégie de camouflage de Satie aux antipodes de ses recherches musicales. Satie revendique comme « Maître », M. de La Palice, et ainsi œuvre-t-il à travers ses compositions et ses pensées)
- Le placard  (des costumes de Satie et de son esprit des panoplies)
- Instantanéité (où il est dit que Satie s'emploie à créer une oeuvre qui altère les conditions d'écoute et de représentation)...

* "La phonométrie est “amnésique” de la pensée musicale et de la pensée tout court." Jean Pierre Armengaud
 


extraits du chapitre "Le bon fauteuil" 
...
Satie écrit en effet une série de compositions dite « Musiques d’Ameublement » : Chez le bistrot et Un Salon (en 1920), Tapisserie de fer forgé, Teinture de cabinet préfectoral et Carrelage phonique (en 1923). Ces compositions sont toutes bâties sur le même patron : une phrase musicale répétée en boucle qui ne connaît ni prélude, ni apogée dramatique, ni même dénouement (heureux ou tragique). En 1891, Satie compose déjà un leitmotiv pianistique pour accompagner la lecture du roman Le Panthée du Sâr Péladan. Socrate s’inscrit dans cette continuité : c’est une musique au service d’un texte. « Pour Mercure, [Satie] suggéra au célèbre créateur [Massine] de mettre au point la chorégraphie sans support musical ! Il imagina qu’il pourrait écrire la musique après coup, en s’inspirant des mouvements des danseurs.»
 
La « Musique d’Ameublement » crée une atmosphère. Elle suppose une activité contiguë à celle de l’orchestre, rythmant cette boucle installée dans un effet d’éternité. Le drame se déroule donc du côté du vrai, de la vie...

La musique devient un meuble et, loin d’être une oeuvre, elle est soumise aux lois du marché avant tout. Erik Satie peut donc faire commerce de sa composition : la « Musique d’Ameublement» fait partie du genre mobilier. Cette manière de composer renvoie la concentration du public sur lui-même. Satie veut capturer et observer ses spectateurs à travers la musique. Comme un miroir en médaillon, le bouffon d’Arcueil affiche un autoportrait à la hauteur de ce que les spectateurs veulent bien être. Une version tonale du 4’33’’ de John Cage, la partition n’est qu’un « fond sonore à des bruits suggestifs »...

La présentation au public des « Musiques d’Ameublement » – le test – se déroule à la galerie Barbazangues, le 8 mars 1920, à l’occasion de la création de Ruffian toujours, truand jamais de Max Jacob. Pierre Bertin – autrement connu pour avoir interprété le Président Adolphe Amédée Delafoy dans les Tontons Flingueurs (1963) de Georges Lautner – présente ici l’événement :
« Nous vous présentons pour la première fois, par les soins de MM. Erik Satie et Darius Milhaud, et sous la direction de M. Delgrange, la musique d’ameublement, pendant les entractes de la pièce. Nous vous prions instamment de ne pas y attacher d’importance et d’agir pendant l’entracte comme si elle n’existait pas. Cette musique […] prétend contribuer à la vie, au même titre qu’une conversation particulière, qu’un tableau de la galerie, ou que le siège sur lequel on est, ou non assis. Vous en ferez l’essai. MM. Erik Satie et Darius Milhaud se tiennent à votre disposition pour tous renseignements et commandes. »
 
Le baptême de la Musique d’Ameublement est un échec. Toute l’assemblée s’est tenue assise, attentive et docile devant l’interprétation cyclique de l’orchestre. Satie avait beau gesticuler et donner de
la voix pour déconcentrer son public, la mayonnaise n’a pas pris. C’est la seule Musique d’Ameublement jouée du vivant du compositeur.
...

Erik Satie - portrait par Marcellin Desboutin - 1893

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A télécharger le document complet en pdf  (31 pages)


Lizica Codreanu (1901 – 1993) 
photographiée dans l’atelier de Constantin Brancusi.
La danseuse porte le costume dessiné par Brancusi 

pour les Gymnopédies, 1922.

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2 pièces méconnues pour piano:
"Caresse" et "Je te veux"





 

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16/04/2019

Notre Dame de Paris




Pierre Cochereau (1924-1984) compositeur et pédagogue,
titulaire des grandes orgues de Notre Dame de Paris de 1955 à 1984,  
avait pour habitude d'improviser publiquement très réguliérement, 
tout autant qu'il cédait ses claviers tous les dimanches après-midi 
pour des auditions d'une heure avec des organistes du monde entier.

Pierre Cochereau (1924-1984) composer and instructor,
who was in charge of the great organ of Notre Dame de Paris from 1955 to 1984,
used to often improvise publicly,
as well he leaved his keyboards every sunday afternoon
for one-hour' auditions with many organ players from around the world.






Pierre Cochereau aura eu à cœur de mieux faire connaître cet instrument
et d'entretenir, puis de relever ces grandes orgues,
chef-d’œuvre de 1868 d'un des plus fameux facteurs d'orgue de l'histoire Aristide Cavaillé-Coll.


Pierre Cochereau had been eager to raise awareness of this instrument and to renovate this great organ, 
a 1868 masterpiece of one of the most famous french organ builders Aristide Cavaillé-Coll.




Pierre Cochereau en improvisation en 1974.


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A écouter également, un autre grand artiste des grandes orgues, Jean Guillou: ICI 

Another french maestro of great organ, Jean Guillou: HERE
 

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13/04/2019

Walking


Traveller, painter, film-maker, Rafael Gray , born in Andalucia, is a french artist living in south of France.
Nourished by pop and underground American cultures, his beginnings as a painter are in the wake of punk and free figuration which announce a break with the avant-gardes...
Re-looking the aesthetic codes by loosing their boundaries, he explores an atypical trajectory which sees in nomadism a real poetic field.
In his collages of different aesthetics, Rafael Gray claims the "reappropriation", or "sample",  as his last work "Nos Icones Pop", around iconic figures and artists who have deeply upset the creation and our society since the 50s: from Andy Warhol to Allen Ginsberg, Patti Smith to David Bowie, Angela Davies to Lou Reed...






In his travels around the world, he brings back movies that he reworks like a painter, picture by picture. 
As the famous "Paint Movie" or "Tataotea"
he also did a walk across New-York, using "Everglade" music by Jeff Rian and Jean-Jacques Palix
published by Purple Magazine in 2000.


to follow across the Big Apple...




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And for NYC lovers, another trip with David Van Tieghem in 1985.
here
 
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06/04/2019

Le Vertigo


Joseph Nicolas Pancrace Royer est un compositeur et claveciniste né à Turin en 1703 et mort à Paris en 1755. Après Domenico Scarlatti, François Couperin et Jean-Philippe Rameau, auteurs incontestables de sérieux volumes de compositions pour clavecin, Pancrace Royer travaille à partir de 1746 à l'introduction de pièces novatrices pour cet instrument, pièces réunies après sa mort en 1775 sous la forme d'un "Recueil de pièces détachées".

"Sa Majesté (Louis XV) étant satisfaite des talents et de la capacité du Sr. Royer" le 15 novembre 1734, le jeune auteur obtient le brevet de la charge de maître de musique des enfants de France qu’il partagera avec Jean-Baptiste Matho. Par la suite, on lui concède en 1748 la charge du "Concert spirituel".

Après sa mort, Pancrace Royer tombe dans un oubli qui n’a d’égal que la soudaineté de son décès. Cependant, dans son "Dictionnaire des artistes" de 1776, l’abbé de Fontenai, écrivain et journaliste, loue la politesse et l’amabilité de son caractère, s’étant "fait connaitre d’abord par la manière savante et délicate dont il touchait l’orgue et le clavecin".




"Le Vertigo", une pièce inouïe faisant appel à une grande virtuosité.
Sur le clavecin historique du château d’Assas, Jean Rondeau qui trouve le juste ton pour l'interpréter nous rappelle que les cordes dans un clavecin, sont des cordes métalliques! 




aussi, pour les amateurs,  ne pas oublier le répertoire contemporain pour clavecin avec Elisabeth Chojnacka

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01/04/2019

G.... comme


Gadulka : Instrument à cordes frottées  de forme oblongue (petit violon) très populaire en Bulgarie. Aussi appelé Ganilka, Kopanka, Gjola, Tsigulka ou Kemene.



Galletageanc. fr.  Carillon produit avec des galets.

Gamme : Du nom de la lettre grecque ”gamma” pour désigner la première note de la gamme, puis la gamme toute entière.

Gargoter : anc. fr. Faire du bruit en bouillonnant.
Gargueter : anc. fr. Faire du bruit avec la gorge.
Garuler : anc. fr. Gazouiller, babiller.

Gaudéamus
n.m.  Chant de réjouissance.

Gazouillis : subst.masc  Bruit léger produit par une personne, un animal ou une chose qui gazouille.

Gelinois  : anc. fr.  Cri de la geline, de la poule.
Gembre : anc. fr.  Gémir. Variante orthographique de guembri.

Ghijak : subst.masc.  Vièle à pied d'Asie centrale; Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan. Sa caisse est ronde et plate,  recouverte d'une peau de chèvre ou de poisson. Le manche, sans frettes est court. Il comporte deux à trois cordes métalliques. Aussi appelé kamanche.
  
Giacoso : adj. L’instruction ”vif, léger, badin”, donnée à un musicien.

Giries : subst. fém. plur.  Terme populaire. Plaintes hypocrites, jérémiades ou lamentations ridicules.

Glageoter

Glap, Glapimentanc. fr.  Glapissement.

Glatirv.t.  Se dit du cri de l’aigle et de certains animaux de proie.


Glinguer

Glossolalie

Glotte : n.f.  Espace plus ou moins ovale délimité par les bords internes des cordes vocales venant s’accoler l’une contre l’autre. La forme et la taille de cette ouverture varient en fonction du comportement vibratoire des cordes vocales, c’est à dire de la hautteur, du registre et de l’intensité des sons émis.

Gogoy anc. fr.  Divertissement bruyant, noce.

Goguette : lieu de réunion où le peuple va boire et chanter.

Graile : anc. fr. s. m. et f.  Espèce de cornet ou de trompette, instrument à vent en corne ou en métal, qui rendait un son grêle, aigu et clair, comme celui de nos clairons.

Graillement subs.masc.  Son émis par une voix rauque ou enrouée.

Gredoler

Grilloter : v. t.  Faire un petit bruit de grelot.
”Les dames, tant anciennes que modernes, ont accoutumé de pendre des perles en nombre à leurs oreilles, pour le plaisir, dit Pline, qu'elles ont à les sentir grilloter, s'entre-touchant l'une l'autre” - Saint François de Sales.



Gringotter : v. t. Produire un gazouillis. En parlant des petits oiseaux, fredonner. Familièrement, il se dit des personnes qui fredonnent mal.

Grondillement : anc. fr.  Chuchotement, grondement, mugissement, murmure.
Groner : anc. fr.  Chanter.

Guembri : n.m. Instrument de musique à cordes pincées des Gnawa.

Guesiller : anc. fr.  S’est dit du cri de l’hirondelle.

Guimbarde : n. f. Petit instrument sonore, composé d'une branche de fer, pliée en deux, avec une languette d'acier qui fait ressort ; on le tient entre les dents, et l'on fait vibrer la languette, en la poussant du doigt.


Gutturale adj. (en parlant d'une voix)  Dont les sonorités, venant de la gorge, sont rauques.
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lexique (en cours) de mots rares, anciens, parfois inusités, 
tous relatifs au monde du sonore et du musical : A B C D E F

sources : CNRTL /  ”Orchésographie” de Toinot Arbeau (1589) / ”Dictionnaire de musique” - 1768 - Jean-Jacques Rousseau / ”Sommets de la musique” par C.HÖWELER - 1958 - éditions Daphné, Gand, Belgique / ”La gazette musicale” / Petit dictionnaire des mots rares et anciens / Dictionnaire historique de l’ancien françois par Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye / ”Pour tout l’or des mots” de Claude Gagnière - Bouquins/Robert Laffont - 1997 / Dictionnaire des mots rares et anciens de la langue française / Dictionnaire de musique, Léon et Marie Escudier (1872) / 

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